Musique, poterie, tapis, cuir, bijoux, broderie, cuisine… L’art marocain est la résultante des brassages civilisationnels dont est faite l’histoire du Royaume. En préservant son authenticité, il a su se renouveler et s’adapter à travers le temps.

L’artisanat marocain

L’artisanat au Maroc est le fruit d’un double héritage ; celui des Berbères tout d’abord, les premiers habitants du Maroc qui ont appris à travailler la laine, le fer, l’argent et l’argile principalement ; puis plus tard, celui des Arabes qui ont introduit le travail du cuir et du bois. Riche en traditions millénaires, il se décline en cinq filières principales : la terre, le bois, les métaux, les textiles et le cuir. Art vivant, il innove et se réinvente également, pour donner naissance à de nouvelles créations que les marques ou grandes enseignes occidentales s’approprient. En 2018 l’artisanat a contribué au PIB à hauteur de 7%.

Tissage
Au Maroc les femmes tissent et les hommes vendent les tapis sur les marchés traditionnels. Chaque région a un style propre. Les plus prisés sont les tapis du Moyen Atlas, ceux qui viennent de la région des Zemmour (fond rouge agrémenté d’autres teintes plus douces d’orange ou de jaune), de Taza (en général fond blanc ou écru) ou de Meknès (fond de couleur). Contrairement aux tapis berbères, les tapis de Rabat sont plus d’inspiration orientale, avec des dominantes de rouge.

Bois
Le bois est une matière ornementale particulièrement prisée dans les maisons traditionnelles, riads et palais. De larges portes en bois sculpté s’ouvrent sur les patios et les plafonds sont toujours ornés de sculptures en bois. Les essences sont nombreuses, cèdre, thuya, citronnier… On fabrique également des vases, des guéridons, des plateaux et des moucharabiehs, souvent en thuya, marqueté et incrusté.

Habits traditionnels
Les caftans et les djellabas constituent la garde-robe traditionnelle marocaine de base ; elle est encore portée, dans tous les milieux, plus particulièrement lors des cérémonies traditionnelles, mariages ou encore soirée du mois de Ramadan. Le caftan, réservé aux femmes, remonte à l’empire ottoman. C’est une robe longue d’apparat, taillé dans des matières nobles (velours, soie, brocard) et serti de fils de métaux précieux, or ou argent. Vêtement d’extérieur, la djellaba est portée aussi bien par les femmes que par les homme. Le caftan et la djellaba se renouvellent pour épouser les tendances de la mode, sous l’impulsion de créateurs marocains.

Poterie et céramique
Trois grandes écoles rivalisent dans la poterie : celle de Safi, celle de Fès et l’école berbère. La poterie berbère est sobrement décorée, celles de Fès et Safi, émaillées de zellige sont ornées de plus de motifs et de couleurs et empreintes d’art islamique.

Bijoux
De pure tradition berbère, les techniques de fabrication des bijoux marocains sont le filigrane (fils d’argent), le nielle (incrustation), le ciselé et le gravé. Les fibules et les bracelets sont le plus souvent en argent et incrustés d’émail noir ou de couleur.

Cuir
Le travail du cuir fait partie de l’histoire du Maroc, dont est issu le mot « maroquinerie » ; trois corps de métier se relaient pour travailler le cuir : les tanneurs, les teinturiers puis les maroquiniers ; poufs, sacs, portefeuilles et autres accessoires, babouches font la réputation des villes de Fès et Marrakech depuis des siècles.

L’art culinaire

Méditerranéen par excellence, aux influences berbère, arabe et juive

La cuisine marocaine est considérée comme l’une des plus riches au monde, reconnue pour sa profusion de saveurs et de couleurs. Elle est un marqueur culturel important.
Le couscous est un plat mythique incontournable. Ce plat a su traverser les frontières et se savoure dans les plus grands restaurants internationaux. La recette du couscous varie selon les régions et les coutumes familiales.
Le tajine est l’un des plats principaux de la gastronomie marocaine. Il tient son nom de l’ustensile typique en terre vernissée dans lequel on le cuit lentement au charbon de bois. Ce met est le plus souvent composé de viande, de légumes, de fruits et d’épices.

Les évènements festifs

Culture, fêtes et festivals, partout, toute l’année

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Les Moussems

Les Moussems sont de grands rassemblements annuels faits de processions, de chants populaires, de danses et fantasias. Ces évènements, prétexte au recueillement et aux prières, unissent les marocains autour de rites, croyances et traditions.
Le Moussem de Tan-Tan a été proclamé chef-d’œuvre du patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO en 2005.

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Mariages

Au Maroc, la cérémonie du mariage donne lieu à de grandes fêtes, qui peuvent durer de trois jours à une semaine ; elle reste étroitement liée aux traditions et coutumes ancestrales du pays. Les rites varient d’une région à l’autre. Tenues vestimentaires, chants et mets diffèrent selon les coutumes et la culture de la région.

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Autres fêtes

D’autres occasions réunissent les membres d’une communauté autour d’événements réguliers (fête des amandiers, festival des cerises, la procession des cierges, etc.)

En savoir plus sur : www.patrimoineculturel.ma

L’art musical

Les musiques en fête

La musique occupe une place bien particulière au sein de la société marocaine ; très diversifiée, elle illustre la diversité des cultures marocaines. Elle se compose de plusieurs genres musicaux, les musiques andalouse et judéo-marocaines, le chaabi (une variété de musique populaire), les musique gnoua et hassani…. Plus récemment la musique marocaine a également puisé son inspiration dans la musique arabe contemporaine du reste du monde arabe (Égypte, Liban, Syrie etc.).

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Malhun

Le Malhun est né dans les corporations artisanales du sud du Maroc. Influencé par les styles musicaux andalous, le Malhun est un genre de poésie chantée, dont les paroles se rapportent souvent à des questions sociales et culturelles. L’art du Malhun comprend trois parties : la composition, la conservation et l’interprétation. Chacune de ces activités est exercée par un maître différent.

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Gnaoua

Le Gnaoua est une musique confrérique soufie généralement associée à des paroles à caractère religieux, qui invoque les ancêtres et les esprits. Cette musique populaire réaffirme l’ancrage africain du Maroc à travers une culture aux racines subsahariennes. L’art gnaoua a acquis une renommée internationale grâce aux fusions de cette musique spirituelle avec d’autres genres musicaux étrangers tels que le blues, le jazz et le reggae.

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Ahwach

L’Ahwach désigne une musique et une forme de danses collectives pratiquées dans les villages berbères du Haut-Atlas et de l’Anti-Atlas. Cette musique traditionnelle se présente sous la forme d’animations où alternent spectacles hauts en couleurs et échanges entre musiciens.

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Ahidous

L’Ahidous est un art d’expression musicale berbère rythmé par un instrument à percussion accompagné d’une danse traditionnelle dans laquelle hommes et femmes, coude à coude, forment des rondes accompagnées de chants rythmés.

Festivals musicaux

Les festivals musicaux, quant à eux, rythment les saisons du Maroc, du Nord au Sud et d’Est en Ouest. Musique traditionnelle, classique ou contemporaine, sacrée ou fusion, jazz… tous les genres ont droit de citer. Le Festival Mawazine-Rythmes du monde est organisé chaque année aux mois de mai et juin, à Rabat et Salé depuis 2001. Il a accueilli un public record de 2,75 millions de spectateurs en 2019. En 2018 il était est le plus grand festival de musique au monde et le plus grand festival du continent africain.

Jazz in Chellah (Rabat), Tanjazz (Tanger), Jazzablanca (Casablanca), Madjazz (Marrakech) ravissent les amateurs depuis des années. Le festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira célèbre les racines africaines du Maroc tout en laissant la part belle aux concerts « fusion ». Le Printemps Musical des Alizés, qui s’installe chaque année en avril, fait découvrir aux adeptes comme aux néophytes les plus belles œuvres de la musique classique. Plus au nord, à Chefchaouen, le festival Alegria célèbre le passé culturel commun du Maroc et de l’Espagne.  « Voix de femmes », qui se tient à Tetouan, met en valeur un patrimoine de voix féminines riche et varié, puisant dans les cultures méditerranéennes, arabes et africaines. Le raï est célébré chaque année à Oujda lors du Festival international du raï qui réunit les stars marocaines et algériennes de ce genre musical si populaire au Maghreb.